Les risques DIF

Depuis le 7 mai 2004, les 15 millions de salariés du secteur privé sont égaux devant la formation professionnelle et peuvent exercer leur Droit Individuel à la Formation à raison de 20 heures tous les ans.

Mais le déploiement du dispositif aura mis près de quatre ans à se réaliser :

- Septembre 2003 : Accord National Interprofessionnel (ANI) qui lance officiellement la réforme de la formation professionnelle,

- Mai 2004 : Vote de la Loi pour la Formation professionnelle tout au Long de la Vie et le dialogue social,

- 2004/2005 : Accords de branches professionnelles qui "mettent en musique" le DIF en fonction des activités et des priorités de secteurs (les compteurs DIF affichent de 14 à 21 h)

- 2006 : Les entreprises communiquent le compteur DIF des personnels et informent sur le DIF. La Loi précise que le DIF s'exerce à l'initiative des salariés et  les entreprises attendent donc les demandes de ces mêmes salariés (les compteurs DIF affichent de 34 à 42 h)

- 2007 : Les sociétés comptabilisent les actions menées dans le cadre du DIF, elles prennent conscience que sans une politique pro-active  le DIF ne se développera pas de lui même (les compteurs DIF affichent de 54 à 63 h)

- 2008 : Les entreprises auront encore contenu le Droit Individuel à la Formation. Elles n'ont pas toutes compris que les salariés, même les moins qualifiés devaient et souhaitaient développer leurs compétences, se former pour évoluer, changer et s'adapter au travail et à ses exigences. Les chiffres de 2007 sont connus, 4 % des salariés ont activé leur DIF, en 2008 nous parviendrons péniblement à 5 % de DIF. La route est encore longue et la date butoir de mai 2010 est très proche. Le 1 er janvier 2009 les entreprises auront accumulé une dette formation de 94 à 100 heures de DIF.


Les moyennes et grandes entreprises vont devoir reconstruire leur plan de formation pour laisser à ce dispositif une place croissante tout en lui octroyant un budget proportionnel au nombre de personnes formées. Une fois franchi ce cercle vertueux, le dispositif vivra et se déploiera naturellement au rythme des demandes des salariés et des besoins du travail.

2009 est donc l'année pivot où le DIF devra être déployé (en 2010 il ne sera pas possible de faire face à la multiplicité des demandes sans avoir assumé une montée en puissance et une organisation du DIF).

Les entreprises attentistes ou sans politique DIF s'exposent désormais à 3 risques

- Un risque financier (la fameuse bombe à retardement). Le calcul est simple:

Pour une entreprise de 500 salariés, 120 heures de DIF capitalisées représenteront un potentiel de 60 000 heures de formation. Le coût pédagogique moyen de l'heure de formation DIF est en France de 25 €/h 
Le coût total sera donc de 1 500 000 € + 60 000 h d'allocations formation  (pour un montant moyen de 15 € de l'heure) soit encore 450 000 € supplémentaires.

Le rapport entre un DIF  progressif, organisé et assumé et un DIF non préparé sera au moins de un à cinq !

 Rappelons en outre que les coûts des formations DIF ne sont pas provisionnables et que ces coûts seront donc supportés sur un seul exercice comptable. Tel un crédit revolving, les salariés capitalisent tous les ans leurs 20  heures et cette réserve d'heures de formation se reconstituera sans cesse. Il ne s'agit donc pas tant "d'écluser" ou de vider les compteurs mais de construire  des parcours sur la durée et avec la majorité des personnels.

Un DIF optimisé et anticipé permet pourtant de former plus et mieux les personnels.

Le témoignage d'une responsable formation

"En 2006, nous avons réalisé 10 % de DIF dans notre entreprise (comptant 500 personnes), non seulement nous sommes très satisfaits de ce dispositif, mais nous avons formé plus de personnels en dépensant moins d'argent. L'aide de notre OPCA régional nous a été précieuse et nous allons continuer cette politique DIF qui donne satisfaction à tout le monde"

 L.D, responsable formation dans la filiale d'un groupe pétrolier
en région Ile de France.

- Un risque organisationnel: Le DIF doit être déployé sans délai dans les entreprises, négocié finement avec le salarié, soutenu et promu par tout l'encadrement.  Il sera problématique de mettre en place des formations DIF dans les entreprises n'ayant pas planifié et rodé le dispositif. 120 heures de formation représentant plus  de 3 semaines d'absence, que ce soit hors temps de travail ou sur le temps de travail, comment trouver ces 18 jours pour tous vos salariés ?

- Un risque conflictuel : Face à la difficulté, face à la nouveauté et à l'inconnu, des entreprises pourront être tentées de refuser en bloc les demandes de DIF en 2009 et 2010. Les tensions sociales engendrées par ces refus systématiques, l'impossibilité pour les Fongecif de financer un grand nombre de DIF (transformés en CIF, mais financés partiellement par l'entreprise), la mise en  service d'un second compteur DIF (qui tournerait  au delà des 120 heures pendant les deux ans d'un refus), toute cette conflictualité potentielle mérite-t-elle d'être enclenchée ?


De plus les recours devant les prud'hommes ou l'inspection du travail en cas de licenciement pour inaptitude professionnelle (dans le cas où l'entreprise n'a pas proposé ou a refusé des formations) ces recours risquent de se multiplier et de mettre en danger les entreprises.


Et pourtant il n'est pas trop tard en 2008 pour entrer dans le DIF, l'AFTLV met à votre disposition ses services : pour vous permettre de déployer la formation professionnelle tout au long de la vie, ses conseils en tant qu'acteur de la formation et un catalogue adapté qui propose aux salariés des offres pertinentes à un coût pédagogique maîtrisé.