Lettre ouverte aux décideurs politiques pour sauver le Droit Individuel à la Formation (DIF)

Après l’accord des partenaires sociaux sur la formation professionnelle, accord intervenu le 7 janvier 2009 au siège du Medef, nous pouvons affirmer que pratiquement aucune des grandes sociétés que nous fréquentons ne changera ses plans pour l’année 2009 : elles ne feront rien de plus en matière de formation professionnelle que les années précédentes car, en temps de crise, elles estiment qu’elles doivent faire des économies sur ce qui ne se voit guère : la formation professionnelle.

Quand aux partenaires sociaux, ils ont réussi en 35 pages mercredi 7 janvier dernier, à reproduire la copie presque conforme du texte précédent de l’ANI de janvier 2008 (texte qui était déjà censé réformer le marché du travail) ! tant d’immobilisme et d’usines à gaz sont consternants.

L’histoire se répète donc mais l’ampleur des plans sociaux est lui tout à fait inédit. Nous sortons de la société de consommation (avec ses piliers trentenaires : la voiture, l’hypermarché et le crédit à la consommation) mais pour préparer l’entrée dans une inédite société de la connaissance et de l’information tout le monde se renvoie la balle et les salariés ouvriers et employés risquent d’être oubliés sur les bas côtés des chemins de la connaissance et de l’emploi.

Très peu de sociétés permettront donc à leurs salariés de rebondir vers de nouvelles compétences, de nouveaux emplois, un espoir de développement social et professionnel. Elles ne se sentent pas de responsabilité sociale et ne feront en 2009 que ce qui est obligatoire, rien de plus.

Ce mélange d’immobilisme et de construction d’usines à gaz (pour lesquelles on pourrait déjà nommer les experts qui écriront les rapports et livres blancs futurs) cet immobilisme n’est plus tenable. Les erreurs au temps de l’Internet et de la mondialisation se paient très vite et très cher. Sans une complète remise à plat du paritarisme et de la formation professionnelle rien ne sera possible en France et les corporatismes continueront à vivre de leur rente, bien protégés eux des temps incertains.

Les solutions pour sortir de cette impuissance généralisée et dangereuse pour notre cohésion sociale ont pourtant été dessinées dès 2007 par le sénateur Carle :

– L’abandon pure et simple du 0,9 %

– L’obligation de financer le compte épargne formation de chaque salarié

– Le dessaisissement du DIF pour les OPCA avec un Compte Epargne formation géré par un organisme public

Sans cette refondation d’une formation au service des moins qualifiés,  rien ne changera pour des années encore en formation et les services de l’emploi seront submergés par des personnes ayant perdu leur emploi et tout espoir d’en trouver un nouveau.

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