Formations de crise, crise de la formation

Ou comment les mastodontes de la formation tentent de s’adapter à la crise.

Je vous conseille la visite du site du premier organisme de France  avec sa nouvelle rubrique “spécial crise”.

Sur la page d’accueil de cet invariable site (remarquons dans les 3 marches de l’Internet ils n’ont jamais dépassé la première, celui de la vitrine – la seconde marche étant l’audience et la troisième, le dialogue et les contributions des Internautes).

Notre confrère a adapté la célèbre formule de Lampedusa qui est devenue sous sa griffe : “ Il faut que rien ne change pour que rien ne change”

Donc, cette énorme organisation s’est dit : la crise est là, mais pour nous à la CEGOS, pas question de changer, on va faire bien fort et plus malin : au lieu de reconstruire nos formations, nos offres, notre organisation et nos moyens d’actions (la réforme n’a que 5 ans après tout !)  nous allons dépasser la concurrence dans une folle audace : des formations sur le thème de la crise ! (il fallait y penser).

D’une part on se donne l’image d’une société réactive et non engluée dans les conformismes mais en plus on fait de l’évènementiel et on va gagner des parts de marché avec ces pauvres cadres et salariés sous-informés qui veulent comprendre et réagir face à la crise.

Tout cela demeurera fort peu utile. Les médias abreuvent d’informations et d’explications les citoyens sur la crise, ses fondements, ses mécanismes et ses probables conséquences. Tout est sur-abondamment traité par les médias (la crise comme les guerres sont des thèmes vendeurs) et ces messieurs de la Cegos décident d’en remettre une couche.

Tout cela est très naïf, la crise que nous vivons n’est pas une météorite qui nous tomberait dessus venant d’une autre galaxie mais le pur produit de nos erreurs, de nos errements, de notre inadaptation et de nos peurs.

La formation n’a pas besoin de rustines pour tenir encore le coup quelques années mais d’une refondation qui tirent toutes les conséquences des évènements actuels. Cette crise est notre crise, la crise de la production, du travail, de la consommation, de la formation. Sans une nouvelle formation repensée, réfléchie, dé-bureaucratisée, redevenue équitable, notre pays continuera de faire semblant de former. de comprendre et d’apprendre.

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