La couleur du DIF

Pour affronter cette rapide et exigeant crise qui traverse le monde entier notre pays semble désormais immobile, sidéré, incapable d’imaginer un avenir différent du passé et d’assumer son entrée dans la société de la connaissance et de l’information.Pourquoi un tel retard, une telle incapacité à s’adapter aux temps nouveaux ? Peut-être parce que depuis l’après guerre nous avons été éblouis par la société de consommation et que nous ne parvenons plus à nous défaire d’un modèle de société aujourd’hui obsolète.

Nous n’aimons guère apprendre en dehors des écoles (et encore) et préférons toujours accumuler de la marchandises plutôt que des connaissances. La France est un peu comme ses anciennes belles qui sous de magnifiques atours cachent une misère cognitive effarante (3 millions de salariés illettrés, 50 % de salariés ne maîtrisant pas l’informatique, 80 % ne parlant aucune langue étrangère…) Nos connaissances sont anciennes, parfois dépassées et nous rechignons à les renouveler.

L’état a permis aux entreprises d’amortir sur deux années les matériels informatiques, mais si les machines à traiter les informations se périment aussi vite qu’en sera-t-il de nos connaissances, de nos savoir-faire, de nos qualifications ?

Idolâtrant le matériel nous consacrons donc l’essentiel de nos énergies, de nos revenus, de nos compétences à accroître notre fameux « confort moderne » (pourtant atteint depuis belle lurette). Obnubilés par la jouissance matérielle nous continuons de réclamer du« pouvoir d’achat » sans comprendre que celui-ci ne précédera jamais plus le « pouvoir d’apprendre»

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les pauvres n’aimeraient pas la formation professionnelle !

 

Depuis 2004 le Droit individuel à la formation (DIF) aurait dû permettre à la formation professionnelle de se recomposer en France. Le DIF ouvrait les portes de la formation tout au long de la vie à tous ceux qui en étaient privés depuis 1971 : salariés peu qualifiés, précaires, saisonniers, intérimaires, femmes, seniors…

Malheureusement depuis 5 ans l’immobilisme a succédé aux belles paroles : profitant d’une lente appropriation de ce dispositif complexe et totalement nouveau, les entreprises ont globalement refusé de le déployer. Elles n’ont, pour la plupart, pas joué le jeu de la formation tout au long de la vie arguant du fait que le législateur les avait dotées du pouvoir arbitraire de refuser le DIF (ce qui est faux).

Si les entreprises ne sont pas contraintes de le mettre en œuvre dès cette année, de 5 à 7 millions de salariés risquent de perdre définitivement leur emploi, leur employabilité et l’espoir de rebondir dans cette crise qui n’en finit plus de remettre en question nos mauvaises habitudes.

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Le DIF et le CIF: Les comptes (très) approximatifs de la Cour des Comptes

Dans un rapport en date de février 2009 et sobrement intitulé “Les dispositifs de formation à l’initiative des salariés”, les magistrats de la rue Cambon règlent, pour la seconde fois en quelques mois, leur compte à une formation professionnelle en complète mutation.

Arguant du  coût (prétendument) insupportable de ces dispositifs, ils préconisent de faire disparaître le Droit à la formation en réservant les dispositifs de formation aux jeunes sortis sans formation, aux salariés des PME/TPE et aux seniors.


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