Navigation et sécurisation professionnelles

De nombreux salariés se plaignent et sont malheureux dans leur travail mais notre système de fidélisation et d’ancienneté au travail répond-il aux attentes professionnelles actuelles de la société de la connaissance et de l’information ?


Dans l’ancien système de la société taylorienne ou industrielle, peu importait la qualité du travail proposé au salarié, celui-ci était supposé s’accrocher à son poste (en CDI) et tenir coûte que coûte puisque professionnellement il était « sauvé » en ayant rejoint la cohorte des salariés protégés derrière leur CDI (doublement protégé s’il avait la chance d’avoir rejoint une « grande » entreprise »).

De ce fait de nombreux salariés occupaient toute leur vie durant un travail dévalorisé, sous-qualifié ou simplement de mauvaise qualité. Personne n’a vocation par exemple à rester toute sa vie caissière de supermarché (même rebaptisée hôtesse de caisse) et un salarié occupant un tel poste devrait faire tous les efforts possibles pour passer à autre chose dès que possible.

Le problème en France n’est pas uniquement la qualité des emplois proposés à beaucoup de travailleurs mais une absence de perspective dans la plupart des entreprises. Autrefois, dans un temps d’expansion économique et de faible qualification il était possible d’avancer à coup d’ancienneté et de promotion professionnelle. C’est de moins en moins possible, dans de nombreuses sociétés la pyramide des âges est totalement bouchée (et les mesures pour garder les seniors en emploi renforceront cette tendance) et il sera exceptionnel pour un salarié qualifié de quitter l’opérationnel (s’il est ouvrier par exemple) pour rejoindre les rangs des administratifs ou des opérationnels.

Un grand bailleur (plusieurs milliers de gardiens d’immeubles) nous expliquait récemment qu’il était totalement exceptionnel qu’un de ces gardiens accède à un emploi administratif (de l’ordre d’une chance pour 1000 !).

Il faut le savoir, se professionnaliser c’est occuper plusieurs postes de travail, changer d’employeur aussi souvent que nécessaire, être capable de se remettre en question, être flexible, adaptable et opportuniste (l’opportunité d’une nouvelle carrière).

Pour celui qui ne veut pas se former, évoluer ou changer d’employeur les risques seront importants de perdre son employabilité, ses qualités d’adaptation et son envie même de travailler.

Dans la société de la connaissance et de l’information plus aucune position professionnelle ne sera définitivement acquise, c’est à la fois une chance pour les personnes entreprenantes mais aussi un challenge redoutable pour ceux qui comprendraient trop tard ces changements de modèle social et professionnel.